L’enjeu, ce n’est pas juste de voyager moins. C’est de faire en sorte que les déplacements qui comptent soient plus efficaces pour l’entreprise, en tenant compte à la fois des émissions, des coûts et de l’objectif visé. Chaque réservation est l’occasion de créer ce lien. Attendre, c’est laisser ces décisions telles quelles.
Pourtant, les ambitions devancent encore les actions. Dans l’étude de BCD de 2026 sur les acheteurs de voyages, 86 % des acheteurs interrogés ont déclaré que leur entreprise avait publié des objectifs de développement durable, mais seuls 47 % ont mentionné des objectifs liés aux voyages. L’opportunité, c’est de combler cet écart au sein même des programmes que les entreprises mettent déjà en œuvre.
L’argument commercial va au-delà du carbone
Le dernier rapport de développement durable de BCD met en avant les coûts liés au carbone, la volatilité des prix du carburant, les perturbations liées au climat et la surveillance accrue des rapports sur les émissions. Ces enjeux font du développement durable un enjeu crucial pour la rentabilité des programmes, la sécurité des voyageurs et la continuité des activités, et pas seulement pour les objectifs environnementaux.
Pour les clients, la valeur ajoutée est concrète : une meilleure visibilité sur les émissions et les dépenses, des choix plus éclairés et des résultats compréhensibles pour toutes les parties prenantes. Le développement durable offre aux équipes chargées des voyages un autre angle d’analyse pour déterminer si un déplacement, un prestataire ou une politique s’inscrit dans les priorités de l’entreprise.
Les voyages durables peuvent contribuer à la maîtrise des coûts, plutôt que d’être simplement une dépense supplémentaire. La durée du trajet, la sécurité et l’expérience des voyageurs restent importantes. L’argument commercial le plus solide vient de la prise en compte de tous ces facteurs ensemble, plutôt que de considérer les émissions de carbone et la performance commerciale comme des enjeux opposés.
Les voyages, c’est une opportunité à portée de main
La gestion des voyages offre un point de départ concret pour agir sur les émissions. Les canaux de réservation, les relevés de dépenses, les autorisations et les politiques fournissent déjà des données et des éléments d’aide à la décision. Ça permet de relier l’empreinte carbone aux choix sur lesquels l’entreprise peut agir, plutôt que de mettre en place une initiative de développement durable complètement distincte.
Qu’il s’agisse de privilégier le train sur les trajets adaptés, de proposer différents choix de classe ou de repenser la fréquence des déplacements, l’opportunité est bien réelle. Les équipes chargées des déplacements peuvent ainsi relier les ambitions de l’entreprise aux décisions que les employés prennent au quotidien.
La confiance commence par des données fiables
Une empreinte carbone n’est utile que si les gens comprennent ce qu’elle représente. Des méthodes de calcul, des périmètres et des hypothèses différents peuvent donner des résultats différents. Une variation des émissions déclarées ne signifie pas forcément que les habitudes de déplacement ont changé.
Des méthodologies cohérentes et des rapports transparents offrent aux équipes chargées des déplacements, du développement durable et des finances une base commune pour prendre des décisions. La qualité des données peut s’améliorer avec le temps ; leur intérêt, c’est d’aider l’entreprise à identifier ses priorités et à expliquer ses progrès, pas juste de créer un tableau de bord de plus.
Une information est utile quand elle change un choix
Les rapports expliquent ce qui s’est passé. Ils ne peuvent pas modifier un voyage déjà effectué. Des conseils au moment de la décision permettent de prendre en compte les émissions au même titre que le prix, les horaires et la politique de l’entreprise, alors que les voyageurs ont encore le choix.
Dans l’enquête menée par BCD en juillet 2026 auprès de 748 voyageurs d’affaires, 31 % ont déclaré ne pas disposer, en temps normal, d’informations sur les émissions des vols. La visibilité à elle seule ne suffit pas, mais des comparaisons claires et des conseils pratiques permettent de mieux comprendre les préférences de l’entreprise. C’est une opportunité pour la conception du programme, pas une responsabilité de plus à faire peser sur le voyageur.
Des actions crédibles au-delà de la réservation
Certaines émissions de l’aviation restent difficiles à réduire uniquement par des mesures politiques et des changements de comportement. Les carburants aériens durables peuvent soutenir la décarbonisation du secteur ; les contributions carbone peuvent financer des projets climatiques au-delà des voyages. Aucun de ces deux éléments ne remplace les efforts visant à éviter les émissions inutiles et à réduire l’empreinte carbone.
Les preuves et les affirmations pertinentes comptent : financer un projet, soutenir les carburants aériens durables (SAF) et réduire les émissions déclarées sont des résultats différents. Une documentation claire et un traitementappropri é des rapports aident les organisations à communiquer leurs progrès en toute confiance.
Le voyage durable ne peut pas attendre, car l’opportunité est déjà là : relie les données, les décisions et les priorités commerciales qui façonnent chaque voyage. La récompense, ce n’est pas une énième initiative de développement durable. C’est un programme de voyage mieux armé pour transformer l’ambition en résultats.
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