Comment réduire les émissions liées aux déplacements professionnels dans le cadre du champ d’application 3 ?

Les voyages d'affaires sont l'un des domaines les plus pratiques pour agir sur les émissions du champ d'application 3. Non pas parce qu'il est simple, mais parce que les données, les décisions et les structures de gouvernance nécessaires à sa gestion sont déjà intégrées dans la plupart des programmes de voyage.

Businessman using smartphone near train.

Ce guide est destiné aux organisations prêtes à passer de la prise de conscience à l’action. Il se concentre sur la manière de mesurer les émissions des voyages d’affaires de manière cohérente, de les réduire là où les décisions sont déjà prises et de responsabiliser les équipes chargées du développement durable, des voyages d’affaires et des finances.

1. Commencer par une base de référence défendable

La réduction des émissions liées aux déplacements professionnels commence par la mesure. La priorité est d’établir une base de référence défendable et reproductible à laquelle les équipes chargées du développement durable, des finances et des déplacements peuvent faire confiance.

La plupart des entreprises saisissent déjà les données de base nécessaires pour mesurer les émissions liées aux déplacements grâce à des outils de réservation, des systèmes de gestion des dépenses et des fournisseurs de services de gestion des déplacements. Le défi est celui de la cohérence.

La méthodologie est importante. Certaines approches fournissent des estimations de haut niveau (par exemple, les facteurs DEFRA), tandis que les méthodologies spécifiques aux déplacements, telles que GATE4 ou TIM, tendent à produire des résultats plus décisionnels parce qu’elles tiennent compte des variables qui entraînent des différences réelles dans les émissions liées aux déplacements professionnels, telles que le mode de transport, l’itinéraire et les caractéristiques des déplacements. Il est essentiel de choisir la bonne méthodologie et de l’appliquer de manière cohérente d’une année sur l’autre pour produire des données sur les émissions qui soient fiables et utilisées pour éclairer les décisions, et pas seulement pour établir des rapports.

Pour un examen plus approfondi de la façon dont les différentes méthodologies affectent les résultats, voir le guide de BCD : Comment mesurer les émissions liées aux déplacements.

Une fois qu’une méthodologie a été adoptée, l’accent doit être mis sur la cohérence de l’ensemble du programme. Cela signifie

  • utiliser la même approche d’une année sur l’autre
  • être transparent sur les hypothèses et les limites, et
  • privilégier les rapports prêts à être audités plutôt que les tableaux de bord ponctuels.

À ce stade, l’objectif n’est pas d’obtenir des informations détaillées sur chaque voyage. Il s’agit de créer une source unique de vérité qui facilite la prise de décision et peut être améliorée au fil du temps, à mesure que la qualité des données et la maturité du programme augmentent.


2. Réduire les émissions là où les décisions de déplacement sont déjà prises

Une fois qu’une base de référence est en place, les plus grandes possibilités de réduction se situent là où les décisions de voyage sont prises, et non pas après que le voyage a eu lieu. Les émissions liées aux déplacements professionnels sont dues à un nombre relativement faible de choix répétables, ce qui les rend plus faciles à influencer que beaucoup d’autres sources d’émissions indirectes.

Les leviers de réduction à fort impact sont généralement les suivants

  • préférer le train à l’avion sur les trajets courts,
  • choisir la classe économique plutôt que la classe supérieure, le cas échéant
  • favoriser les avions ou les fournisseurs les plus économes en carburant,
  • réduire la fréquence des voyages inutiles grâce à des orientations politiques plus claires.

Ces actions ne nécessitent pas d’éliminer les voyages, mais plutôt de se concentrer sur les options de réduction des émissions par défaut, en s’appuyant sur la politique et la stratégie des fournisseurs.

Les programmes qui s’appuient sur des rapports post-voyage ont souvent du mal à réduire les émissions parce que l’occasion d’influencer le comportement est déjà passée. En revanche, lorsque les informations sur les émissions sont visibles au moment de la réservation, au même titre que le coût et l’horaire, les voyageurs sont mieux équipés pour faire des choix éclairés.

C’est pourquoi les organisations progressent plus rapidement lorsque la réduction est intégrée directement dans le programme de gestion des voyages : les informations sur les émissions sont liées à la réservation, à la politique et aux décisions en temps réel.

Pour les organisations dont les émissions liées à l’aviation sont importantes, ces mesures axées sur la demande sont souvent complétées par des leviers à plus long terme tels que le carburant aviation durable (SAF). Bien que le SAF ne supprime pas la nécessité de réduire ou d’éviter les émissions, lorsqu’il est possible de le faire, il joue un rôle important en s’attaquant aux émissions qu’il est difficile d’éliminer par la seule politique et le changement de comportement.


3. Utiliser les politiques et les comportements pour accroître l’impact

Les mesures et les réductions ne se traduisent par des résultats que lorsqu’elles sont soutenues par une politique et un comportement des voyageurs. Dans les programmes efficaces, la politique agit comme un ensemble de garde-fous, guidant les décisions sans créer de frictions inutiles.

Des politiques de voyage claires et actualisées définissent quand il convient de voyager, quelles sont les options à privilégier et comment les considérations de durabilité s’inscrivent dans le cadre des coûts, de la sécurité et de la productivité. Lorsque la durabilité est intégrée dans le langage politique existant plutôt que positionnée comme une initiative distincte, le respect des règles devient plus simple et plus naturel pour les voyageurs.

C’est au moment de la prise de décision que le changement de comportement est le plus efficace. Les campagnes de sensibilisation génériques ont tendance à avoir un impact limité. En revanche, les informations ou les conseils sur les émissions qui apparaissent au moment de la réservation aident les voyageurs à faire des choix éclairés en temps réel, sans ralentir le processus. La mise en évidence des options de réduction des émissions ou le renforcement des préférences politiques contribuent à normaliser les meilleures décisions au fil du temps.

L’objectif n’est pas d’éduquer tous les voyageurs au développement durable. Il s’agit de faire en sorte que le bon choix soit facile à faire, afin que les options de réduction des émissions s’alignent naturellement sur la façon dont les gens réservent et voyagent déjà.


4. Intégrer la gouvernance dans les domaines du développement durable, des voyages et des finances

Dans les programmes efficaces, les rôles sont clairement définis. Les équipes chargées du développement durable fixent les objectifs et les exigences en matière de rapports. Les équipes chargées des voyages gèrent les politiques, les fournisseurs et les canaux de réservation. Les équipes financières assurent la supervision, en veillant à ce que les données soient crédibles et alignées sur les décisions plus générales en matière de reporting et d’investissement. Lorsque ces fonctions fonctionnent de manière isolée, les rapports sur les émissions sont déconnectés de l’action.

La gouvernance implique également d’aligner les cycles de déclaration sur les cycles de prise de décision. Les données sur les émissions doivent servir de base aux négociations avec les fournisseurs, aux mises à jour des politiques et aux choix d’investissement. Des points d’examen réguliers aident les équipes à évaluer ce qui fonctionne, où les émissions sont concentrées et quels leviers méritent une plus grande attention.

Il est important de noter que la gouvernance n’a pas besoin d’être complexe. Il suffit de commencer par une appropriation claire, des mesures convenues et un examen de routine pour passer d’efforts ad hoc à une approche évolutive et reproductible. C’est ce qui permet aux organisations de transformer les premiers progrès en une partie durable de leur stratégie de durabilité plus large.


5. A quoi ressemblent les voyages d’affaires durables dans la pratique

Une organisation mondiale de services professionnels a commencé à s’intéresser aux émissions liées aux voyages d’affaires dans le cadre de son rapport Scope 3. Plutôt que de lancer un programme de transformation complexe, l’entreprise s’est d’abord concentrée sur l’établissement d’une base d’émissions cohérente et prête à être auditée, en utilisant les données existantes sur les réservations et les dépenses.

Sur cette base, elle a mis en place des directives plus claires sur les voyages court-courriers, encouragé le train plutôt que l’avion sur les itinéraires clés et rendu les informations sur les émissions visibles lors de la réservation. Les équipes chargées du développement durable, des voyages et des finances ont examiné ensemble les progrès réalisés sur une base trimestrielle, en utilisant le même ensemble de données pour éclairer les décisions.

Dès la première année, l’organisation a été en mesure d’établir des rapports plus cohérents, de rendre des comptes plus clairs et de réduire rapidement les émissions liées aux déplacements fréquents, sans perturber les déplacements essentiels à l’activité de l’entreprise.

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